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lundi 1 novembre 2010

Fulgurance personnelle.

Le vrai drame des Indiens*, c'est que vu de chez nous, ils ressemblent tous à des Pakistanais.

*ici, les habitants de l'Inde.

Nico.

mercredi 14 janvier 2009

Légèreté, cynisme et publicité.

J’ai la chance d’être naturellement porté à voir le côté drôle de la plupart des situations. A vrai dire, la fameuse formule « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde » me convient bien.

Voir, par exemple, l’article précédent. Cela entraîne parfois quelques grands moments de solitude puisqu’il n’est pas rare que je sois le seul à rire bêtement d’un évènement, d’un article (allez, vous pouvez bien me le dire : qui a, au moins souri en lisant les deux extraits du précédent article ?) ou d’un propos.

Cela peut donner aussi l’occasion à certain de me considérer comme un type léger et même froid tant il n’est pas dans mes habitudes d’étaler à la moindre occasion mon ressenti profond. Quoiqu’on en dise, le rire est le plus efficace des paravents. Il est aussi le plus immédiat.

En outre, il est vrai aussi –et ce blog en est le témoin- que je fuis toute polémique portant sur des sujets sérieux ou graves. Je suis capable sans aucun soucis ni remords de débattre pendant trois plombes de sujets complètement futiles (on me souffle « débiles » dans l’oreillette, ca marche aussi), mais je considère toujours que les vrais grands sujets me dépassent totalement, et que je n’ai pas toutes les cartes en mains pour être capable d’en parler correctement sinon intelligemment.

J’ai vu tellement de potes se crêper le chignon ou les rastas dans des discussions sans fins mais surtout sans arguments intelligents, ni réelles connaissances solides du sujet abordé (au hasard, la réforme des universités, le conflit israélo-palestinien et j’en passe) que je m’efforce d’éviter d’atteindre ce que je considère comme le comble du ridicule.

Vous me direz, ce faisant, je ne prends pas grands risques puisque j’évite de prendre position. Et puis merde quoi, un jeune ca s’engage ! Voui mais non. Je ne me sens ni la fibre militante, ni la ferveur partisane.

Sauf qu’arrive un moment où je ne ris plus.
Ou plutôt si (on ne se refait pas), je ris jaune.

A la page 6 du journal le Monde daté du mardi 13 janvier 2009, vous trouverez un article intitulé « Human Rights Watch dénonce l’usage de bombes au phosphore ». Vous vous en doutez, cela concerne l’intervention israélienne dans la bande de Gaza.

Je vous passe l’essentiel de l’article. Sachez juste que HRW, une organisation humanitaire, accuse les Israéliens d’employer des armes interdites par les conventions internationales. Et voici ce que répond Avital Leibovitch, porte-parole de l’armée :

« L’armée n’utilise que des armes en conformité avec les normes internationales. »

Merveilleux !
Les habitants de Jabaliya seront ravis de savoir que les bombes qui massacrent leurs enfants et leurs familles sont certifiées conformes. Par contre, pour le coup, je serais habitant de Sderot que je demanderais à vérifier que les obus de mortier palestiniens ont bien reçu leur certification…

Je passe sur le fait que l’affirmation du major Leibovitch est très vraisemblablement un mensonge éhonté. Je ne veux surtout pas discuter du bien-fondé ou non de l’intervention de Tsahal à Gaza. En revanche, je ne peux pas m’empêcher de m’extasier sur le fait qu’on puisse, sans ciller, se cacher derrière des normes de qualité pour conforter l’utilisation d’engins de mort.

Je croyais pourtant être relativement cynique comme bonhomme. Mais là, on atteint des sommets.

M’enfin, on pourra toujours m’opposer que les normes à respecter sont faîtes dans le souci d’améliorer la qualité des services au public. Ben oui, après la norme « CE » qui permet de s’assurer que bébé ne s’étouffera pas avec les poils de cul de son Winnie, après le « Label Rouge » fièrement tatoué sur la cuisse gauche des poulardes, il est dans l’ordre des choses d’avoir institué une norme «arme qui tue, mais attention, elle est propre ! ».

A ce propos, et puisqu’il faut bien vivre, j’ai une idée à vendre aux militaires. Qui dit label qualité, dit logo. Celui-ci reste à créer, il me semble. Ne bougez plus, j’ai l’idée!


Un beau Monsieur Propre barré de la mention « Licence to kill » en rouge sang, ca aurait pas de la gueule sur une roquette ?

Nico.

vendredi 12 décembre 2008

Noir, et alors?

D’ici environ un mois, Barack Obama prendra la présidence des Etats-Unis.

L’information date un peu, je sais. J’arrive après la bataille, c’est vrai également. Ceci étant, au sens strict du terme, c’est encore de l’actualité !

Je ne souhaite pas revenir sur la campagne en elle-même, discuter des mérites comparés d’Obama et de Mc Cain ou m’aventurer à commenter le programme sur lequel le futur dirigeant le plus puissant du monde s’est fait élire. Je l’ai déjà dit, je n’entends rien à la politique.

Non, j’aimerais simplement revenir sur les commentaires et les réactions des médias du monde entier à cette élection. Je suis sans doute bizarrement constitué (avec le temps, j’ai fini par accepter cette idée), mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être exaspéré d’entendre et de lire partout « Obama sera/est le premier président noir des USA ».

De même, j’ai été atterré de voir jusqu’en France (cf. Lilian Thuram par exemple) de très nombreuses personnalités se réjouir du fait qu’un noir avait gagné cette élection. A leurs yeux, cela marque un changement significatif des mentalités, une avancée considérable du droit des minorités…c’te blague.

Dans le même temps, on voyait nombre d’Afro-Américains déclarer « Pourquoi je vote pour Obama ? Mais parce qu’il est noir ! ». Quelle tristesse et quelle pitié de voir tous ces gens se tirer une balle dans le pied sans même s’en rendre compte…

Surtout qu’à la même période, le championnat du monde de Formule 1 était remporté par Lewis Hamilton, un pilote britannique et…noir. Et là, même déchaînement médiatique pour souligner le premier succès d’un noir dans cette discipline. Misère…

Pour ma part, on m’a appris qu’un Homme ne devait jamais être jugé d’après son origine ou sa couleur de peau mais d’après ses qualités, ses défauts, ses paroles et ses actes. Je trouve aberrant qu’on puisse élire (ou ne pas élire) quelqu’un en fonction de son teint.

Surtout, je trouve malheureux qu’en 2008, on en soit encore à signaler, démarquer les actes d’une personne au prétexte qu’elle est noire. Agir ainsi, c’est marquer une distinction entre blancs et noirs, c’est rendre remarquable (au sens premier du terme) quelque chose qui devrait n’être que banal. C’est une forme de discrimination à mon sens, ou en tout cas, de différenciation. Et je pense que cela va clairement à l’encontre de la cause que les gens cherchent pourtant à défendre en tenant de tels propos.

Alors, félicitations à messieurs Obama et Hamilton ! Mais simplement parce qu’ils ont réussi dans leurs domaines respectifs, et non pas parce qu’ils sont les premiers noirs à l’avoir fait. Ca, ce n’est (ca ne devrait être) que de l’anecdote.

Nico.

jeudi 18 septembre 2008

Le pape, PDG d'une boîte de com'.

Je lisais le week-end dernier sur le site internet de Libé (pardon papa) un article concernant la visite du pape en France et dont le titre m'avait particulièrement interpellé. C'était quelquechose comme "Benoit XVI poursuit sa campagne de recrutement", je ne me souviens plus de l'intitulé exact.



Bon, je peux bien l'avouer, je suis catho. Pas spécialement pratiquant (pardon maman) mais croyant. Et donc, sur le coup, en lisant ce titre, j'ai marqué un temps d'arrêt. Et puis j'ai râlé.

Et oui, finalement, j'ai beau fustiger ce trait de caractère chez mes concitoyens, je suis moi-même un grand râleur devant l'éternel (ca tombe bien, c'est un peu de Lui dont il est question ici) et là, je m'en suis donné à coeur-joie.



"Un titre pareil, c'est indécent, c'est scandaleux et gnagnagna, les salauds!".Mais en fait, je ne suis qu'un abruti.



Parce qu'à y bien regarder et quand on y réfléchit un peu, qu'est-ce que l'Eglise catholique à part une formidable machine de communication qui a su coller et s'adapter aux attentes de son public afin de s'assurer une audience forte à travers les siècles? Et quel succès! Quoiqu'on en dise aujourd'hui, malgré l'essouflement des vocations et de la fréquentation des églises, c'est quand-même une affaire qui roule depuis plus d'un millénaire! Chapeau...



Quelques exemples pour appuyer mon propos: le Concile de Trente? Une réorganisation complète et en profondeur de l'Eglise afin de contrer la montée du protestantisme et de toucher concrètement le croyant. Changement fort qui, je le rappelle, transforme fortement l'art et l'architecture à cette époque, toujours dans cette idée de toucher et de parler clairement aux masses. Si ca c'est pas un plan de redressement du tonnerre de Brest! Belle capacité d'adaptation face à la concurrence...



Vatican II? Pareil! On modernise et on essaye de mieux coller à une société qui se retrouve de moins en moins dans un culte vieillot.



Et puis, je ne peux m'empêcher de repenser à un de mes profs d'Histoire moderne qui se plaisait à nous raconter combien il était courant au Moyen-Âge de trouver dans les églises des statues de Christs en érection (oui-oui, vous avez bien lu). La raison en est simple: Dieu tout puissant. Et qui dit "puissant", dit capable de...ben oui, bander tout simplement. Rien de plus efficace pour marquer et s'approprier les esprits même les plus faibles et les plus hermétiques aux complexes questions de dogme. Malheureusement, le Concile de Trente a fait disparaître ces savoureuses représentations.

Bref, au final, le titre de cet article n'était pas si mal choisit. Et j'en viens même à me demander si derrière les T-shirts et autres sacs "Jesus was a punk", qui fleurissaient il n'y pas si longtemps encore, il n'y a pas un nouveau coup marketing de la part du Vatican...

Nico.

jeudi 11 septembre 2008

Aux armes citoyens!



Je regardais hier soir l'édition nationale du journal de FR3 et je suis tombé sur un reportage qui traitait de l'ouverture d'une exposition des oeuvres de Jeff Koons au château de Versailles.

Ce Jeff Koon, je ne le connais ni d'Eve ni de Kévin, mais il est, paraît-il, le roi du pop-art. J'ai donc dévouvert un petit échantillon de ses créations et je dois avouer qu'elles ne manquent pas d'originalité: chien en baudruche géant, panthère rose enlacant une pin-up ou encore, homard géant (voir photo).


Mais ce n'est pas tant le côté psychédélique de l'expo que la réaction des visiteurs du château qui m'a interpellée. Le journaliste a en effet interrogé quelques promeneurs au hasard et la majorité de ceux-ci se sont montrés pour le moins vindicatifs.


"C'est un crime de lèse-majesté que d'exposer ces oeuvres ici!", "Vous vous rendez-compte, juste devant un Fragonard!" ou encore "Si ce type veut exposer ça, il n'a qu'à le faire à Disneyland, pour les gamins!".


Alors, il était inévitable que le mélange des genres (pop-art au milieu des ors du Roi) fasse un peu jaser. Mais des réactions aussi virulentes ne manquent pas de m'étonner. Je ne veux pas discuter des goûts et des couleurs et je ne vous dirai même pas ce que je pense du travail de Koon. Simplement, une fois de plus, le Français râleur, le vieux con bougon, ben ça me gonfle.


Tout d'abord, cette expo n'est que très temporaire puisqu'elle prendra fin le 14 décembre. Si on ne veut pas voir Versailles "pollué", on se renseigne et on se débrouille pour visiter une fois que la place est libérée. Ensuite, il semble que dans ce pays, dès qu'on fait preuve d'un minimum d'originalité, on est immédiatement fou à lier. Et puis, je ne vois pas en quoi exposer Koon aux côtés de Fragonard est scandaleux. A ce moment là, on peut également débattre de la construction des pyramides de Mitterrand au coeur de l'enceinte du Louvre. Et si on se lance dans un tel débat, on n'est pas couché!

Alors, mes chers compatriotes, rangez donc vos piques et votre fiel. Versailles a survécu à bien des révolutions, il survivra bien à celle-là!
Et puis après tout, le homard, n'est-ce pas un plat de Roi?


Nico.

Edit: à ce propos, et si vous voulez un aperçu des oeuvres exposées, voir http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/09/11/exposition-jeff-koons-honore-louis-xiv_1094116_3246.html . L'article présente en outre l'avantage d'éviter de tomber dans les clichés grossiers présentés ci-dessus.

samedi 6 septembre 2008

In utero veritas.

Depuis quelques jours déjà, l'attention de toute la France semble ne devoir tourner autour que d'un seul nombril: celui de Mme Rachida Dati, ministre de la Justice.

Tous les médias s'en sont fait écho et vous n'avez pas pu y échapper, Mme le garde des Sceaux est enceinte!

La réaction la plus logique ou tout au moins la plus naturelle pour moi serait de lui présenter mes vœux de bonheur et...de passer à autre chose. Car après tout, je peux bien vous l'avouer, à priori, je m'en bats l'oreille gauche avec une babouche!

Mais il ne semble pas en aller de même pour la majorité de mes concitoyens. En effet, non content de savoir que d'ici quelques mois, les Conseils des ministres seront rythmés par les montées de lait de Mme Dati, le bon Français veut connaître les détails. C'est ainsi que depuis 3-4 jours, il n'y a pas une édition du journal ou une conversation de bistrot au cours de laquelle on ne  s'interroge: mais qui est donc le papa?


En voilà une info qu'elle est captivante et primordiale pour le pays! 


Alors certes, une ministre enceinte, le fait est assez rare pour être souligné. En outre, les propos de la ministre ont été suffisamment maladroits ("j'ai une vie privée compliquée", à se demander si la gaffe n'est pas volontaire tellement elle est énorme...) pour que l'on jase et que l'on tienne absolument à remuer la merde. Mais par pitié, foutons-donc la paix à cette pauvre Rachida.


Parce qu'on doit respecter un minimum son intimité évidemment, mais surtout parce que ce non-évènement est en train d'obnubiler l'opinion et de l'occuper pendant que des choses bien plus intéressantes et peut-être même préoccupantes se passent ailleurs. Je n'irai pas jusqu'à dire que Mme Dati et le gouvernement détiennent là un superbe instrument d'abrutissage des masses mais il est indéniable que cette grossesse offre à la future maman un avantage considérable: celui de ne plus être emmerdée par ses adversaires politiques.


Imaginez-vous en effet les députés de l'opposition malmener une femme enceinte dans l'hémicycle? Non, on ne touche pas à une future maman, et celle-ci se trouve, de fait, sur une voie royale désormais pour faire avancer ses dossiers comme elle l'entend, sans obstruction.


Je l'admets, c'est une vision un peu cynique des choses. Sans doute est-elle même franchement tordue. C'est pourquoi, je vous prie de considérer les écrits ci-dessus comme une simple réflexion qui m'a traversée l'esprit à un moment donné, et non comme une opinion ferme.


Mais revenons-en au plus important: qui a planté la petite graine? qui a goupillonné Mme la Ministre? Nicolas? Noooon, Carla veille au grain! José Maria? Nooon, il l'a formellement démenti. En outre, avec une moustache pareille, je le défie de choper autre chose que des poux.


Surtout, et je tiens à le clamer haut et fort: contrairement à ce que peut laisser penser un de mes précédents posts, ce n'est pas moi non plus!


Le suspens reste donc entier. Pour le plus grand plaisir de nos moutons.

Nico