mercredi 14 janvier 2009

Légèreté, cynisme et publicité.

J’ai la chance d’être naturellement porté à voir le côté drôle de la plupart des situations. A vrai dire, la fameuse formule « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde » me convient bien.

Voir, par exemple, l’article précédent. Cela entraîne parfois quelques grands moments de solitude puisqu’il n’est pas rare que je sois le seul à rire bêtement d’un évènement, d’un article (allez, vous pouvez bien me le dire : qui a, au moins souri en lisant les deux extraits du précédent article ?) ou d’un propos.

Cela peut donner aussi l’occasion à certain de me considérer comme un type léger et même froid tant il n’est pas dans mes habitudes d’étaler à la moindre occasion mon ressenti profond. Quoiqu’on en dise, le rire est le plus efficace des paravents. Il est aussi le plus immédiat.

En outre, il est vrai aussi –et ce blog en est le témoin- que je fuis toute polémique portant sur des sujets sérieux ou graves. Je suis capable sans aucun soucis ni remords de débattre pendant trois plombes de sujets complètement futiles (on me souffle « débiles » dans l’oreillette, ca marche aussi), mais je considère toujours que les vrais grands sujets me dépassent totalement, et que je n’ai pas toutes les cartes en mains pour être capable d’en parler correctement sinon intelligemment.

J’ai vu tellement de potes se crêper le chignon ou les rastas dans des discussions sans fins mais surtout sans arguments intelligents, ni réelles connaissances solides du sujet abordé (au hasard, la réforme des universités, le conflit israélo-palestinien et j’en passe) que je m’efforce d’éviter d’atteindre ce que je considère comme le comble du ridicule.

Vous me direz, ce faisant, je ne prends pas grands risques puisque j’évite de prendre position. Et puis merde quoi, un jeune ca s’engage ! Voui mais non. Je ne me sens ni la fibre militante, ni la ferveur partisane.

Sauf qu’arrive un moment où je ne ris plus.
Ou plutôt si (on ne se refait pas), je ris jaune.

A la page 6 du journal le Monde daté du mardi 13 janvier 2009, vous trouverez un article intitulé « Human Rights Watch dénonce l’usage de bombes au phosphore ». Vous vous en doutez, cela concerne l’intervention israélienne dans la bande de Gaza.

Je vous passe l’essentiel de l’article. Sachez juste que HRW, une organisation humanitaire, accuse les Israéliens d’employer des armes interdites par les conventions internationales. Et voici ce que répond Avital Leibovitch, porte-parole de l’armée :

« L’armée n’utilise que des armes en conformité avec les normes internationales. »

Merveilleux !
Les habitants de Jabaliya seront ravis de savoir que les bombes qui massacrent leurs enfants et leurs familles sont certifiées conformes. Par contre, pour le coup, je serais habitant de Sderot que je demanderais à vérifier que les obus de mortier palestiniens ont bien reçu leur certification…

Je passe sur le fait que l’affirmation du major Leibovitch est très vraisemblablement un mensonge éhonté. Je ne veux surtout pas discuter du bien-fondé ou non de l’intervention de Tsahal à Gaza. En revanche, je ne peux pas m’empêcher de m’extasier sur le fait qu’on puisse, sans ciller, se cacher derrière des normes de qualité pour conforter l’utilisation d’engins de mort.

Je croyais pourtant être relativement cynique comme bonhomme. Mais là, on atteint des sommets.

M’enfin, on pourra toujours m’opposer que les normes à respecter sont faîtes dans le souci d’améliorer la qualité des services au public. Ben oui, après la norme « CE » qui permet de s’assurer que bébé ne s’étouffera pas avec les poils de cul de son Winnie, après le « Label Rouge » fièrement tatoué sur la cuisse gauche des poulardes, il est dans l’ordre des choses d’avoir institué une norme «arme qui tue, mais attention, elle est propre ! ».

A ce propos, et puisqu’il faut bien vivre, j’ai une idée à vendre aux militaires. Qui dit label qualité, dit logo. Celui-ci reste à créer, il me semble. Ne bougez plus, j’ai l’idée!


Un beau Monsieur Propre barré de la mention « Licence to kill » en rouge sang, ca aurait pas de la gueule sur une roquette ?

Nico.

mardi 13 janvier 2009

Quand ce qui paraît futile...devient utile.

Vous l’avez sans doute désormais remarqué, j’ai parfois des petits bonheurs tout simples, pour ne pas dire abrutis.

Aujourd’hui encore, on a pu me croiser en train de rire seul, niaisement, et j’imagine sans mal que si des personnes m’ont vu alors, elles ont dû craindre pour ma santé mentale.
Qu’elles se rassurent, je vais bien. Quoique je ne suis pas persuadé qu’elles seront rassurées une fois qu’elles connaîtront les raisons de mon hilarité…

Je lisais le quotidien gratuit 20 minutes (mardi 13 janvier 2009, n°1537), et je suis tombé sur deux infos que j’ai trouvé particulièrement jouissives. La première de par sa forme et la seconde, de par les faits relatés.

En page 2 du quotidien, un petit encart intitulé « Remplaçants » accompagne un article traitant d’une toute nouvelle formation proposée aux jeunes enseignants afin qu’ils gèrent mieux les classes difficiles. C’est cet encart qui a attiré mon attention.

Très brièvement, il est fait état de la difficulté d’enseigner lorsqu’on est titulaire en zone de remplacement (TZR) :
« C’est difficile de s’intégrer lorsqu’on ne vient qu’une fois par semaine », déplore Céline Chevillon, professeur d’EPS. « Mon proviseur ne connaît même pas mon nom ! », ajoute une autre TZR.

Ironie du sort, le journaliste n’a visiblement pas jugé lui non plus utile de s’enquérir de son nom…

Ensuite, à la page 4, à la rubrique « faits divers », on trouve un article intitulé Un braqueur se fait poignarder. Alors, déjà, si on ne peut plus braquer tranquillement sans risquer de se faire larder, où va-t-on ?

Mais surtout, la description de la scène par le journaliste m’a fait mourir de rire.
C’est en fait dans un restaurant japonais du 5e arrondissement qu’a eu lieu le cambriolage à l’issue duquel, les « malfaiteurs se sont fait remettre la caisse avant d’être poursuivis par les employés, dont l’un s’est vraisemblablement muni d’un couteau de cuisine. ».

Je sais bien qu’il y a eu mort d’homme et que cela devrait suffire à m’interdire de m’esclaffer, mais c’est plus fort que moi, imaginer deux braqueurs pourchassés par une horde de cuistots japs’, je trouve ça particulièrement burlesque.

Moralité, même si le job n’est pas facile, de nos jours, vaut mieux être TZR que voleur de restos japonais.
Et ce genre d’info utile, c’est pas le pôle-emploi qui vous les filera.

Nico.

vendredi 9 janvier 2009

2009, annus horribilis?

En tout cas, y’a pas de raison, nouvelle année ou pas, râleur je suis, râleur, je reste !

Et donc, je ne peux m’empêcher de grogner, dès l’entame de 2009. En effet, je ne sais pas vous, mais moi, la sacro-sainte tradition des vœux, ça me gonfle.
Et que je te mets du « Bonne année » par ci, et que j’y ajoute du « tout mes vœux de bonheur » par là, sans oublier évidemment l’horripilant « et surtout, la santé ! ».

Je ne vois pas au nom de quoi on doit se sentir obligé de faire des ronds de jambe avec des gens que bien souvent on ne connaît même pas ou pire, qu’on n’apprécie pas. En outre, répéter 57 fois la même chose à autant de personnes différentes au cours d’une même journée, je trouve ça gonflant et même abêtissant. Surtout quand, dans le même temps, il faut entendre les mêmes bêtises en retour. On pourrait faire preuve d’imagination et de créativité en souhaitant nos vœux de manière originale mais non, on retombe toujours sur les mêmes formules éculées.

Et revenons, s’il-vous-plaît, à la magnifique formule « et la santé, surtout ! ». C’est merveilleux cette habitude qu’on a de formuler des vœux qui, de toute façon et statistiquement, ne se réaliserons pas dans 99% des cas. Je sais bien qu’il s’agit d’être poli avec la dame et de faire des risettes au monsieur mais zut à la fin ! En une année entière, il est évident que tout le monde va se cogner au minimum un rhume, une grippe, une bonne gastro ou autre angine…et combien de personnes ont-elles entendu ce vœux pieu avant de décéder dans les mois qui suivent, mmh ? Tu parles d’une ânerie.

A l’heure où le pays entier est en crise, il convient d’être efficace et rentable jusque dans ses vœux que diable !
Et donc, à tout prendre, j’aime autant le sobre et basique « Meilleurs vœux ». Ainsi, la personne concernée choisi ce qui l’arrange, et tout le monde est content !

Hélas, bien évidemment, je râle mais comme tout le monde, je me plie aux conventions et je passe mon mois de janvier à "meilleursvoeux-ifier" tout ce qui bouge. Après tout, je ne suis que le fruit maigrichon d’une société dont il convient que je respecte les usages.

Ainsi, à vous chers lecteurs, je souhaite de beaux nénés et surtout, sans thé !

Nico.

jeudi 18 décembre 2008

Priez pour nous pauvres clébards

On pourra m'objecter tout ce qu'on voudra, je suis de ceux qui pensent que la brève de comptoir fait parti des genres littéraires majeurs.
Imaginez donc quel plaisir j'ai pu avoir aujourd'hui à en vivre une, en direct!

J'étais tranquilement attablé en galante compagnie (3 cafés, un demi, Yann, un Martini rouge et un capuccino), lorsqu'une merveille de conversation s'est engagée entre un client-que nous appellerons "pilier de bar"-et la serveuse-la petite cinquantaine, trogne et gouaille typique des personnes de sa profession-.

Le pilier de bar: "Les animaux, c'est interdit dans une église. J'le sais, l'aut' jour, j'ai amené mon chien, ca a fait un bazard!..."
La serveuse: "Bah attendez, évidemment!"
-"Ouai, remarquez, c'est vrai qu'un chien, ca n'a pas de religion, ca doit être pour ça qu'ils n'ont pas le droit d'entrer dans une église..."
-"Quoiqu'à une époque, y'en a qui rentraient même avec leurs chevaux alors..."

Je sais pas vous, mais moi, des p'tits instantanés de vie comme ça, ça me met en joie.

Nico.

vendredi 12 décembre 2008

Noir, et alors?

D’ici environ un mois, Barack Obama prendra la présidence des Etats-Unis.

L’information date un peu, je sais. J’arrive après la bataille, c’est vrai également. Ceci étant, au sens strict du terme, c’est encore de l’actualité !

Je ne souhaite pas revenir sur la campagne en elle-même, discuter des mérites comparés d’Obama et de Mc Cain ou m’aventurer à commenter le programme sur lequel le futur dirigeant le plus puissant du monde s’est fait élire. Je l’ai déjà dit, je n’entends rien à la politique.

Non, j’aimerais simplement revenir sur les commentaires et les réactions des médias du monde entier à cette élection. Je suis sans doute bizarrement constitué (avec le temps, j’ai fini par accepter cette idée), mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être exaspéré d’entendre et de lire partout « Obama sera/est le premier président noir des USA ».

De même, j’ai été atterré de voir jusqu’en France (cf. Lilian Thuram par exemple) de très nombreuses personnalités se réjouir du fait qu’un noir avait gagné cette élection. A leurs yeux, cela marque un changement significatif des mentalités, une avancée considérable du droit des minorités…c’te blague.

Dans le même temps, on voyait nombre d’Afro-Américains déclarer « Pourquoi je vote pour Obama ? Mais parce qu’il est noir ! ». Quelle tristesse et quelle pitié de voir tous ces gens se tirer une balle dans le pied sans même s’en rendre compte…

Surtout qu’à la même période, le championnat du monde de Formule 1 était remporté par Lewis Hamilton, un pilote britannique et…noir. Et là, même déchaînement médiatique pour souligner le premier succès d’un noir dans cette discipline. Misère…

Pour ma part, on m’a appris qu’un Homme ne devait jamais être jugé d’après son origine ou sa couleur de peau mais d’après ses qualités, ses défauts, ses paroles et ses actes. Je trouve aberrant qu’on puisse élire (ou ne pas élire) quelqu’un en fonction de son teint.

Surtout, je trouve malheureux qu’en 2008, on en soit encore à signaler, démarquer les actes d’une personne au prétexte qu’elle est noire. Agir ainsi, c’est marquer une distinction entre blancs et noirs, c’est rendre remarquable (au sens premier du terme) quelque chose qui devrait n’être que banal. C’est une forme de discrimination à mon sens, ou en tout cas, de différenciation. Et je pense que cela va clairement à l’encontre de la cause que les gens cherchent pourtant à défendre en tenant de tels propos.

Alors, félicitations à messieurs Obama et Hamilton ! Mais simplement parce qu’ils ont réussi dans leurs domaines respectifs, et non pas parce qu’ils sont les premiers noirs à l’avoir fait. Ca, ce n’est (ca ne devrait être) que de l’anecdote.

Nico.

mercredi 1 octobre 2008

Un simple regard.

C'est chiant Arte. Entre les documentaires prise-de-tête et tarabiscotés et les films d'auteur ultra "space", il est très rare que cette chaîne ait droit de comparaître dans ma boîte à images.

Pourtant, lundi soir, aiguilloné par plusieurs amis, je me suis vautré dans mon canap' et j'ai zappé, du bout des doigts, jusqu'à parvenir à la chaîne numéro 7 de Numéricable, celle qui d'ordinaire ne m'est utile que pour passer du canal 6 au canal 8.
Bien m'en a pris.

Arte diffusait en effet le film allemand La vie des autres, tourné en 2006 et mondialement primé en 2007 et 2008 (meilleur film étranger aux Césars 2008 notamment). Et, brisant mes réticences primaires et ma bête inquiétude ("Merde, je vieillis! V'là t'y pas que je regarde Arte maintenant!"), ce long-métrage de Florian Henckel von Donnersmarck m'a complètement pris pour ne me lâcher qu'au bout de 2h15 de vrai grand cinéma.
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Le film a connu un certains succès, même en France. Aussi, je ne m'attarde pas sur l'histoire (un agent de la Stasi froid et inflexible surveille un couple d'artistes est-allemands, cinq ans avant la chute du mur et en vient finalement à les protéger de sa hiérarchie) qui vous est sans doute connue. En fait, je n'écris cet article que pour souligner la formidable partition jouée par Ulrich Mühe qui incarne merveilleusement cet agent du régime est-allemand qui voit peu à peu toutes ses certitudes s'effondrer pour finir par couvrir le couple qu'il est sensé compromettre.
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Malheureusement, Ulrich Mühe est décédé en juillet 2007 et n'a donc pas eu l'occasion de profiter du succès et de la reconnaissance qui lui a été légitimement acquise suite à sa remarquable performance. Mais, c'est surtout pour nous, simples spectateurs, qu'il est malheureux qu'un tel acteur, relativement neuf, ait disparu. Car vraiment, ce type, c'était un tout bon.
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En fait, ce qui m'a tout particulièrement marqué, c'est le regard de cet anti-héros. A mon sens, c'est ce regard qui fait tout le sel de la prestation de Mühe dans ce film. Il a été capable de se servir de ses yeux clairs pour retranscrire toute une palette d'émotions pourtant tout à fait opposées. De la froide détermination du début du film, en passant par la colère, la tristesse, la fragilité et l'émotion finale, tout passe par ce formidable regard, expressif comme rarement j'en ai vu au cinéma.
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Quiconque a fait un peu de théâtre sait combien il est dur d'obtenir le regard adéquat aux différents types de sensiblités joués, d'autant qu'on a coutume de dire que les yeux ne mentent pas. Et pour moi qui accorde une importance toute particulière aux regards des personnes que je rencontre, le jeu d'acteur d'Ulrich Mühe confine au génie. Bravo, à titre posthume.
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Nico.

jeudi 18 septembre 2008

Le pape, PDG d'une boîte de com'.

Je lisais le week-end dernier sur le site internet de Libé (pardon papa) un article concernant la visite du pape en France et dont le titre m'avait particulièrement interpellé. C'était quelquechose comme "Benoit XVI poursuit sa campagne de recrutement", je ne me souviens plus de l'intitulé exact.



Bon, je peux bien l'avouer, je suis catho. Pas spécialement pratiquant (pardon maman) mais croyant. Et donc, sur le coup, en lisant ce titre, j'ai marqué un temps d'arrêt. Et puis j'ai râlé.

Et oui, finalement, j'ai beau fustiger ce trait de caractère chez mes concitoyens, je suis moi-même un grand râleur devant l'éternel (ca tombe bien, c'est un peu de Lui dont il est question ici) et là, je m'en suis donné à coeur-joie.



"Un titre pareil, c'est indécent, c'est scandaleux et gnagnagna, les salauds!".Mais en fait, je ne suis qu'un abruti.



Parce qu'à y bien regarder et quand on y réfléchit un peu, qu'est-ce que l'Eglise catholique à part une formidable machine de communication qui a su coller et s'adapter aux attentes de son public afin de s'assurer une audience forte à travers les siècles? Et quel succès! Quoiqu'on en dise aujourd'hui, malgré l'essouflement des vocations et de la fréquentation des églises, c'est quand-même une affaire qui roule depuis plus d'un millénaire! Chapeau...



Quelques exemples pour appuyer mon propos: le Concile de Trente? Une réorganisation complète et en profondeur de l'Eglise afin de contrer la montée du protestantisme et de toucher concrètement le croyant. Changement fort qui, je le rappelle, transforme fortement l'art et l'architecture à cette époque, toujours dans cette idée de toucher et de parler clairement aux masses. Si ca c'est pas un plan de redressement du tonnerre de Brest! Belle capacité d'adaptation face à la concurrence...



Vatican II? Pareil! On modernise et on essaye de mieux coller à une société qui se retrouve de moins en moins dans un culte vieillot.



Et puis, je ne peux m'empêcher de repenser à un de mes profs d'Histoire moderne qui se plaisait à nous raconter combien il était courant au Moyen-Âge de trouver dans les églises des statues de Christs en érection (oui-oui, vous avez bien lu). La raison en est simple: Dieu tout puissant. Et qui dit "puissant", dit capable de...ben oui, bander tout simplement. Rien de plus efficace pour marquer et s'approprier les esprits même les plus faibles et les plus hermétiques aux complexes questions de dogme. Malheureusement, le Concile de Trente a fait disparaître ces savoureuses représentations.

Bref, au final, le titre de cet article n'était pas si mal choisit. Et j'en viens même à me demander si derrière les T-shirts et autres sacs "Jesus was a punk", qui fleurissaient il n'y pas si longtemps encore, il n'y a pas un nouveau coup marketing de la part du Vatican...

Nico.

jeudi 11 septembre 2008

Aux armes citoyens!



Je regardais hier soir l'édition nationale du journal de FR3 et je suis tombé sur un reportage qui traitait de l'ouverture d'une exposition des oeuvres de Jeff Koons au château de Versailles.

Ce Jeff Koon, je ne le connais ni d'Eve ni de Kévin, mais il est, paraît-il, le roi du pop-art. J'ai donc dévouvert un petit échantillon de ses créations et je dois avouer qu'elles ne manquent pas d'originalité: chien en baudruche géant, panthère rose enlacant une pin-up ou encore, homard géant (voir photo).


Mais ce n'est pas tant le côté psychédélique de l'expo que la réaction des visiteurs du château qui m'a interpellée. Le journaliste a en effet interrogé quelques promeneurs au hasard et la majorité de ceux-ci se sont montrés pour le moins vindicatifs.


"C'est un crime de lèse-majesté que d'exposer ces oeuvres ici!", "Vous vous rendez-compte, juste devant un Fragonard!" ou encore "Si ce type veut exposer ça, il n'a qu'à le faire à Disneyland, pour les gamins!".


Alors, il était inévitable que le mélange des genres (pop-art au milieu des ors du Roi) fasse un peu jaser. Mais des réactions aussi virulentes ne manquent pas de m'étonner. Je ne veux pas discuter des goûts et des couleurs et je ne vous dirai même pas ce que je pense du travail de Koon. Simplement, une fois de plus, le Français râleur, le vieux con bougon, ben ça me gonfle.


Tout d'abord, cette expo n'est que très temporaire puisqu'elle prendra fin le 14 décembre. Si on ne veut pas voir Versailles "pollué", on se renseigne et on se débrouille pour visiter une fois que la place est libérée. Ensuite, il semble que dans ce pays, dès qu'on fait preuve d'un minimum d'originalité, on est immédiatement fou à lier. Et puis, je ne vois pas en quoi exposer Koon aux côtés de Fragonard est scandaleux. A ce moment là, on peut également débattre de la construction des pyramides de Mitterrand au coeur de l'enceinte du Louvre. Et si on se lance dans un tel débat, on n'est pas couché!

Alors, mes chers compatriotes, rangez donc vos piques et votre fiel. Versailles a survécu à bien des révolutions, il survivra bien à celle-là!
Et puis après tout, le homard, n'est-ce pas un plat de Roi?


Nico.

Edit: à ce propos, et si vous voulez un aperçu des oeuvres exposées, voir http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/09/11/exposition-jeff-koons-honore-louis-xiv_1094116_3246.html . L'article présente en outre l'avantage d'éviter de tomber dans les clichés grossiers présentés ci-dessus.

mardi 9 septembre 2008

J'aurais pas dû.

Je relis mon post précédent et je me dis que, décidément, il faut absolument que j'évite de causer politique. C'est chiant la politique, on ne peut jamais en débattre sans mauvaise foi et sans s'engueuler avec son entourage. En plus, j'en parle mal...

Vous me direz, c'était plus people que politique mais enfin, les deux ont trop tendance à se confondre ces derniers temps. Promis, on ne m'y reprendra plus. Ou ponctuellement, faut voir.

Tiens, à la place, faudra que je cause un peu de sport. Bizarre que je ne l'ai pas encore fait d'ailleurs. P'tet qu'inconsciemment, je me retiens. Parce que si je commence, ca va être dur de m'arrêter. Mais là, je vais avoir matière à papoter.

Entre les difficultés de l'équipe de France de foot (et, encore une fois, les incroyables tendances moutonneuses/nesques du bon Français), la chienlit sochalienne (Lionceau, Lionceau, qu'as-tu fait de ta superbe?), la reprise du top 14 qui rythme nos week-ends de savoureuses cocottes et autres courses croisées, et les sabots roses de Tati Roselyne, y'a de quoi faire!

N'empêche, on ne sait toujours pas qui est le papa...

Nico.

samedi 6 septembre 2008

In utero veritas.

Depuis quelques jours déjà, l'attention de toute la France semble ne devoir tourner autour que d'un seul nombril: celui de Mme Rachida Dati, ministre de la Justice.

Tous les médias s'en sont fait écho et vous n'avez pas pu y échapper, Mme le garde des Sceaux est enceinte!

La réaction la plus logique ou tout au moins la plus naturelle pour moi serait de lui présenter mes vœux de bonheur et...de passer à autre chose. Car après tout, je peux bien vous l'avouer, à priori, je m'en bats l'oreille gauche avec une babouche!

Mais il ne semble pas en aller de même pour la majorité de mes concitoyens. En effet, non content de savoir que d'ici quelques mois, les Conseils des ministres seront rythmés par les montées de lait de Mme Dati, le bon Français veut connaître les détails. C'est ainsi que depuis 3-4 jours, il n'y a pas une édition du journal ou une conversation de bistrot au cours de laquelle on ne  s'interroge: mais qui est donc le papa?


En voilà une info qu'elle est captivante et primordiale pour le pays! 


Alors certes, une ministre enceinte, le fait est assez rare pour être souligné. En outre, les propos de la ministre ont été suffisamment maladroits ("j'ai une vie privée compliquée", à se demander si la gaffe n'est pas volontaire tellement elle est énorme...) pour que l'on jase et que l'on tienne absolument à remuer la merde. Mais par pitié, foutons-donc la paix à cette pauvre Rachida.


Parce qu'on doit respecter un minimum son intimité évidemment, mais surtout parce que ce non-évènement est en train d'obnubiler l'opinion et de l'occuper pendant que des choses bien plus intéressantes et peut-être même préoccupantes se passent ailleurs. Je n'irai pas jusqu'à dire que Mme Dati et le gouvernement détiennent là un superbe instrument d'abrutissage des masses mais il est indéniable que cette grossesse offre à la future maman un avantage considérable: celui de ne plus être emmerdée par ses adversaires politiques.


Imaginez-vous en effet les députés de l'opposition malmener une femme enceinte dans l'hémicycle? Non, on ne touche pas à une future maman, et celle-ci se trouve, de fait, sur une voie royale désormais pour faire avancer ses dossiers comme elle l'entend, sans obstruction.


Je l'admets, c'est une vision un peu cynique des choses. Sans doute est-elle même franchement tordue. C'est pourquoi, je vous prie de considérer les écrits ci-dessus comme une simple réflexion qui m'a traversée l'esprit à un moment donné, et non comme une opinion ferme.


Mais revenons-en au plus important: qui a planté la petite graine? qui a goupillonné Mme la Ministre? Nicolas? Noooon, Carla veille au grain! José Maria? Nooon, il l'a formellement démenti. En outre, avec une moustache pareille, je le défie de choper autre chose que des poux.


Surtout, et je tiens à le clamer haut et fort: contrairement à ce que peut laisser penser un de mes précédents posts, ce n'est pas moi non plus!


Le suspens reste donc entier. Pour le plus grand plaisir de nos moutons.

Nico